« Communiqué du groupe Front National suite aux résultats des élections: | Page d'accueil | Non à la suppression de la Cour d’Appel de Metz ! »

27.06.2007

Politique régionale d'appui au développement territorial

Monsieur le président, la politique régionale d’appui au développement territorial part d’un constat que nous partageons : la Lorraine a connu de profondes mutations depuis les années 60. Encore faut-il s’entendre sur la nature de ces mutations puisqu’il s’agit principalement de la désindustrialisation, des restructurations et du chômage qui en a résulté. A ce titre, il est dommage que le document qui nous est présenté ne mentionne pas ces quelques vérités. En effet, de ce bilan peu glorieux, les politiques de droite comme de gauche en sont largement responsable et n’ont rien fait pour l’enrayer si ce n’est adopter des « projets », des « plans », des « schémas » de développement, de soutien, d’appui et autre « machin » sans intérêt. Le choix des mots traduisant le manque d’ambition de ceux qui se contentent de brasser du vent. Accélérant la libéralisation de notre économie, les secteurs clefs de notre industrie ont tout simplement périclité grâce à leur malveillance. Il est de bon ton d’afficher une politique « ambitieuse », mais il serait plus utile de commencer par s’accorder sur ce constat de base. 

Ceci étant dit, la mise en place d’appel à projets dans le cadre de cette politique régionale d’appui au développement territorial, repose sur 3 objectifs : favoriser le développement économique, maintenir la population et attirer de nouveaux habitants, et valoriser le patrimoine. L’interprétation que nous faisons de ces objectifs est probablement différente de celle que vous avez en tête, Monsieur le président. C’est pourquoi, nous sommes en droit de vous demandez quelques explications.

Dans le 2ème objectif, vous mettez l’accent sur le développement des services mais rien n’est dit sur les industries, il est vrai que celles-ci seront bientôt relayées aux poubelles de notre histoire régionale comme le démontre la multiplication des musées ou la transformation de certains sites désaffectés en œuvre d’art contemporain comme dans le cadre de Luxembourg 2007. Toujours dans cet objectif, vous évoquez la nécessité d’attirer de nouveaux habitants, notamment par la création de logements locatifs privés ou publics dans les communes de moins de 2000 habitants. Or l’attractivité des zones rurales est aussi constituée par la faible densité de leur population, la qualité de vie se mesure ainsi. A l’heure d’une « boboisation » grandissante des grandes métropoles comme Paris,  certaines élites veulent se préserver des îlots de tranquillité et de sécurité tout en imposant la mixité aux autres portions du territoire. Après avoir dénoncé la scandaleuse loi SRU qui impose la construction de 20% de logements sociaux dans chaque ville de plus de 3500 habitants, nous redoutons que les villes de taille plus modeste soient elles aussi touchées par cette « invasion de criquets » à laquelle notre ancien ministre Azouz Begag faisait allusion, alors que dans le même temps à Neuilly-sur-Seine, la ville où notre président a fait ses classes, cette loi est allègrement transgressée dans l’indifférence générale. Et pour cause, les plus gros salaires du pays y vivent, le nouveau Versailles y a installé sa cour et personne ne doit venir troubler la tranquillité de ces nantis. En voulant imposer la mixité à coup de forceps, on précipite un retour à la terre qui n’est pas pour nous déplaire, encore faudrait-il que des zones rurales paisibles puissent exister car dans l’esprit fumeux de nos urbanistes, il y a les zones urbaines et les zones à urbaniser, le reste ne compte pas.

S’agissant du développement des services, nous sommes favorables à la mise en place d’une offre de qualité en milieu rural. Nous déplorons la disparition des services publics à laquelle la gauche n’est pas innocente puisqu’elle a applaudit des deux mains lorsque Bruxelles a annoncé la libéralisation des services postaux qui deviendra probablement effective à l’horizon 2009. Ainsi, pour cause de rentabilité, des bureaux de poste vont disparaitre dans les zones les moins peuplées, remplacées par des « maisons des services » ou encore par des « relais services » dans le dernier bistrot de campagne qui sera tout à la fois restaurant assurant le service postal, annexe de la mairie enregistrant Loto et PMU, guichet EDF en charge de la sacristie pour l’Eglise du village. Il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir, vous en conviendrez. En matière d’équipement, nous saluons les initiatives qui visent à contrebalancer la politique de la ville dotant les jeunes des quartiers d’infrastructures haute gamme alors que les zones rurales ramassent les miettes. Nous saluons aussi la valorisation du patrimoine architectural et notamment du patrimoine rural protégé qui fait l’objet d’un pillage et d’un trafic scandaleux (surtout quand il s’agit d’édifices religieux) et dont les pouvoirs publics n’ont pas encore mesuré toute l’ampleur.

Conscient des formulations ambigües qui jalonnent le texte que vous nous présentez, mais saluant les réalisations remarquables qui sont proposées, nous sommes globalement favorables à ce texte tout en nous réservant un droit de remontrance lorsque des projets douteux seront soumis à notre approbation, par conséquent nous voterons pour. Je vous remercie.
 

Jean-Luc Manoury, Conseiller Régional

Intervention lors de la Séance Plénière du 29 juin 2007

Les commentaires sont fermés.