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21.12.2007

Budget primitif 2008

Monsieur le président,
Mes chers collègues,

Après avoir examiné tout à l’heure les dépenses inscrites au BP 2008, mon intervention portera essentiellement sur les recettes. A ce titre je souhaite formuler 3 remarques :

- Premièrement, s’agissant des compensations et des dotations, il y a quand même une marge entre ce qui relève d’une appréciation modérée de l’action de l’état ou plutôt de son inaction et un discours politique voire politicien. Monsieur le président, nous connaissons votre attachement à la décentralisation et nous partageons certaines de vos inquiétudes sur les compensations insuffisantes des transferts de compétences. Cependant, il y a une vision commune qui existe entre les différentes collectivités locales indépendamment de la couleur politique, on ne peut pas le nier. Il y a donc unité de vue sur cette question entre la droite et la gauche et il faudra bien résoudre le problème comme on réussit à le faire certains états européens en évitant de se renvoyer systématiquement la balle. La décentralisation a de tout évidence était mal faite car elle a conduit, ce qui est un paradoxe, à un contrôle plus étroit par l’état des compétences qu’il transférait aux régions.

- Deuxièmement, nous constatons que la marge de manœuvre des régions se réduit comme peau de chagrin et cela devrait nous inciter tous à une extrême prudence dans la maitrise des dépenses. Pour cela, il convient de déterminer sa politique en fonction des recettes et non pas l’inverse. Un chef d’entreprise vérifie d’abord les recettes dont ils disposent avant de définir les dépenses qu’il va engager. Vous devez vous comporter de la même façon Monsieur le président, en bon gestionnaire de l’intérêt général puisque c’est de cela dont il s’agit. De fait, comme la loi n’encadre pas précisément les compétences de la région, et c’est une carence regrettable, vous en profitez pour vous lancer dans des interventions extra-légales, et cette politique est suicidaire pour le budget de la région.

- Troisièmement, si l’autonomie fiscale des collectivités n’est pas à l’ordre du jour, c’est que l’Etat ne veut pas en entendre parler. De même les exécutifs régionaux ne travaillent pas vraiment en ce sens car qui dit autonomie dit plus de responsabilité. Par l’enchevêtrement des compétences, les subventions croisées et les contrats de plan, les responsabilités se diluent. Mais qui parmi les élus a vraiment envie que cela cesse ? les élus tirent leur légitimité de ce système incohérent et unique en Europe car ils peuvent ainsi se maintenir au pouvoir et exercer leur influence sans prendre le moindre risque puisque de toute façon, il y aura toujours une collectivité pour porter le chapeau. Et puis quand on aura finit d’accuser l’état, on s’en prendra à Bruxelles tout en continuant à approuver cette construction européenne qui dépossède les peuples peu à peu de ce qui leur reste de souveraineté. Il y a un double langage insupportable qui ne peut plus durer. Messieurs les élus de droite et de gauche, vous portez la responsabilité de nos déficits publics, en continuant à le nier, vous affichez votre mépris pour le peuple qui vous a pourtant élu mais qui pourrait bien reprendre ses droits un jour ou l’autre, c’est en tout cas ce que nous souhaitons.

Je vous remercie.

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